Pour un Belge amateur de littérature, se frotter à Marguerite Yourcenar est un peu un passage obligé... mais j'y réfléchis à
deux fois avant de me lancer dans Mémoires d'Hadrien ou dans L'Oeuvre au Noir ! Bien qu'ayant abordé les Nouvelles orientales durant ma scolarité, j'en garde peu de
souvenirs, alors c'est avec trois très courtes nouvelles de jeunesse que j'ai décidé de repartir avec l'illustre académicienne.
Pourquoi ne pas suivre la chronologie de l'oeuvre de la grande dame ? Son Conte bleu, Le premier soir et Maléfice sont tous trois le fruit de ses jeunes années (avant
30 ans), qui, si on en croit la préface, préfigurent parfaitement ce qu'allait devenir l'oeuvre de Marguerite Yourcenar. En parlant de préface (de l'édition Folio, certes instructive), si vous
voulez garder le plaisir de la découverte intact, prenez soin de la lire en dernier lieu !
Le premier soir me paraît être la nouvelle la plus abordable des trois : elle aborde un sujet que l'on peut appréhender sans difficulté, bien que l'action se situe à une époque qui ne
nous concerne plus et dont les moeurs nous sont devenues étrangères. Il s'agit des premiers moments d'intimité d'un couple fraîchement uni, vus principalement à travers les pensées du jeune
marié. Un court extrait pourrait illustrer en une seconde en quoi la nouvelle mérite d'être lue, en dehors du fait qu'elle soit le fruit de la collaboration des Crayencour père et fille :
« Tout à l'heure, il allait la prendre dans ses bras et la détruire. Un instant suffirait ; quand il dénouerait son étreinte, il aurait au
coeur la sensation d'un meurtre, auquel la passion ne fournirait même pas de circonstances atténuantes, puisque après tout il ne la désirait pas. Ou, du moins, il ne la désirait pas plus qu'une
autre. »
Le Conte bleu, qui aurait dû être complété par un Conte blanc et un Conte rouge qui n'ont jamais été écrits - ou jamais retrouvés - ressemble à un exercice de style :
il faut imaginer la jeune Marguerite transformée en artiste-peintre, une palette de nuances azurées à la main, et le pinceau avide de couvrir les pages de son carnet de pigments bleutés. Vous ne
regretterez pas le voyage, car en seulement neuf pages, notre artiste crée une toile de métaphores et d'images qui ont tout du conte : marchands atrophiés, jeune femme mystérieuse, précieux
trésor répondent à l'appel de l'imagination. La prouesse du récit en neuf pages et en couleurs laisse sans voix !
En un mot, je vous dirai que ces trois courtes nouvelles me semblent constituer un bon angle d'approche de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar en ce qu'elles sont déjà l'esquisse de ce qui fera son
succès, sans toutefois être rébarbatives.
Marguerite YOURCENAR, Conte bleu suivi de Le premier soir et de Maléfice, 1927 - 1930.
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Firmin est un rat. Un rat malchanceux qui plus est. Une mère alcoolique, douze frères et soeurs turbulents et égoïstes et une naissance dans la cave d'une librairie
conditionnent cette destinée particulière.
Richard Mayhew a tout pour être heureux : un emploi rentable et une femme superbe - sensiblement
tyrannique mais superbe - avec laquelle il est sur le point de se fiancer.
Todd Bowden est un étudiant studieux, un jeune homme bien de sa personne, un garçon loyal et fidèle en amitié.










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