Au théâtre, ce Sartre !

Publié le par Christophe Pierre

SARTRE-Le diable et le bon dieuLe diable et le bon dieu reste à mes yeux la pièce la plus admirable de Sartre. Elle envisage les problèmes cruciaux d'une humanité coupable et sans cesse tiraillée entre la responsabilité et la magie proposée par un système religieux afin d'apaiser leurs remords.

Goetz est un seigneur de guerre sévissant dans l'Allemagne médiévale. Il est sanguinaire et impitoyable, il ne connaît ni véritable amour pour son prochain ni sentiments d'aucune sorte à l'égard de ses semblables. Son seul et unique objectif est de faire le mal, le mal le plus complet, le plus horrible, le plus total afin de démontrer à Dieu que seul Goetz peut décider de ce qu'il veut faire et que ce pantin placé au ciel se moque bien de ce que l'homme fait ou ne fait pas. Lors du siège de Worms, Goets exige la reddition des prêtres pour lever le siège. Les prêtres s'enferment mais l'archevêque ordonne qu'ils soient livrés. Les pauvres exigent également la reddition des hommes d'Eglise et sont prêts à la révolte pour les livrer. Seul Heinrich, prêtre lui-même, refuse de livrer ces hommes... L'unique solution qu'il entrevoit est de laisser le passage à Goetz et à ses troupes en échange de la vie des prêtres. Nasty, boulanger de son état, participe au soulèvement des pauvres... C'est pour lui l'occasion de les mener au combat. Voilà donc les trois hommes dans le camp de Goetz : Nasty, Heinrich et Goetz lui-même.

Heinrich est terrassé par sa trahison. Lorsque Goetz lui parle de sa volonté de faire le mal pour être le seul vrai rival de Dieu, Heinrich se moque de lui et lui explique que tous les hommes font le mal. Dieu n'est là que pour assurer leur pardon si il le souhaite. Goetz prend alors cette décision qui bouleverse l'histoire : si tous les hommes font le Mal, alors lui ne fera plus que le Bien et montrera à Dieu qu'il n'est pour rien dans ce qu'il fera.

Un récit d'une extrême puissance, d'une importance fondamentale et d'une grande justesse... Du théâtre où rien n'est établi d'avance ; les personnages sont troubles et dissimulent en eux l'Humanité dans ce qu'elle a de plus authentique : le paradoxe.

Jean-Paul SARTRE, Le diable et le bon dieu, 1951.

Publié dans Théâtre

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Clovis Simard 11/10/2012 21:25


Voir mon Blog(fermaton.over-blog.com)No.9- THÉORÈME SARTRE. - Pseudo Liberté ?