Carnet de bord : "L'innommable" (1)

Publié le par Christophe Pierre

BECKETT - L'innommable

Aujourd'hui, nous tentons une nouvelle expérience en inaugurant avec vous une nouvelle catégorie d'articles. Il s'agit de vous faire partager nos impressions et nos réflexions en cours de lecture, lorsque l'oeuvre entamée s'y prête particulièrement.

Pour commencer cette série, nous vous proposons de découvrir L'innommable, de Samuel Beckett.


Avec Samuel Beckett, la question du sens prend toute son importance. L'être devient immatériel, imprécis et seule compte la parole. Elle enfle pour ne plus être qu'un point à l'image de cet univers gigantesque en contradiction et qui aspire chaque chose se trouvant dans son sillage.

Je ne puis m'empêcher d'imaginer ce vieux bonhomme sur la couverture. Il est penché sur le papier et dans sa tête dansent les mots et les idées. Je m'interroge sur le cheminement, l'origine. Savait-il où il allait d'un si bon pas ? Se contentait-il d'errer à l'aventure ?


Beckett n'est pas un auteur. Beckett est une question, un point de suspension ouvert sur ce qui reste une fois le livre éteint : le silence. Non pas ce silence stérile, infécond, mais ce silence qu'André Brink qualifiait de turbulent. Un silence sombre, odorant, trempé d'argile d'où l'on verra bientôt jaillir des plants gonflés de semences, prêtes à l'implosion génératrice d'une nouvelle énigme.

Publié dans Carnets de bord

Commenter cet article