Cher Frank

Publié le par Christophe Pierre

Helen HANFF, 84, Charing Cross Road

Quand il est question de lire un échange de lettres, je ne suis jamais loin. Tenez, par exemple, je viens d'acquérir Ce que je suis en réalité demeure inconnu : c'est la correspondance de Virginia Woolf (entre 1901 et 1941). Pour tout vous dire, je suis moi-même une vraie adepte de la correspondance, par email ou à l'ancienne. Bref : il fallait absolument que je découvre ce 84, Charing Cross Road dont tout le monde parle.

Il s'agit donc d'un roman épistolaire. Entendons-nous : les lettres rassemblées dans ces 146 pages (postface exclue) sont toutes authentiques ; elles sont à l'origine du succès mondial d'Helene Hanff qui, jusqu'à la publication de 84, Charing Cross Road, créait des pièces de théâtre jamais jouées, et écrivait des livres pour enfants, ou encore des scénarios pour la télé. En un mot, elle vivait dans un grand dénuement, et était loin de connaître le triomphe artistique qui lui aurait permis de découvrir l'Angleterre tant convoitée. Voila le genre d'informations que vous pourrez trouver dans la postface. Sachez que l'histoire qui entoure ce roman - une success story à l'américaine - est en fait l'un de ses intérêts majeurs.

Je pense qu'il ne faut pas chercher un émoi dans le fond des lettres : il s'agit simplement d'une jeune femme américaine qui, durant vingt ans (!) passe des commandes de livres à un libraire londonien. C'est bien sûr la forme de ces échanges qui suscite de l'intérêt : le style franc et non dénué d'humour d'Helene, qui très vite partage ses opinions littéraires, ses occupations professionnelles, et se prend d'affection pour l'équipe de chez Marks & Co - qu'elle concrétise sous forme de généreux colis qu'elle expédie en Angleterre. De son côté, Frank Doel adopte un ton très collet monté, même si au fil des ans il accepte de s'ouvrir un peu à cette "Mademoiselle" qu'il finira par appeler par son prénom. La différence de ton, de style entre l'Américaine et l'Anglais sont criants et révélateurs d'une culture différente : le fossé de l'océan Atlantique ne passe pas inaperçu. Les lettres sont aussi caractéristiques de la période historique durant laquelle elles sont écrites (1949-1969) : le rationnement anglais, le couronnement de la reine Elizabeth II, etc. Mais au-delà de ces aspects, c'est bien sûr la relation particulière qui se noue entre Helene et Frank qui procure le plus grand plaisir, avec cette question lancinante : vont-ils finir par se rencontrer ?

M. Hamazaune, auriez-vous un exemplaire en bon état de Orgueil et Préjugés de Jane Austen, que je voudrais offrir à une amie ?

Helene HANFF, 84, Charing Cross Road, 1970.

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Véro. 29/08/2010 16:51



Chic, il est dans ma PAL et autant Le cercle des éplucheurs de patates () ne m'avait pas convaincu autant j'ai envie de
lire celui-ci !



Pierre 02/09/2010 21:21



Et moi j'ai envie de me faire une idée sur les éplucheurs de patates, à force d'en entendre parler...



Frankie 14/08/2010 22:50



Helene Hanff et pas Banff !



Christophe Pierre 02/09/2010 21:19



Banff, ce serait vraiment beaucoup plus marrant !
(oui, je sais, ton commentaire date !!)



Frankie 14/08/2010 22:49



J'avais également beaucoup aimé ce livre ! L'Ogresse a tout dit concernant sa suite : moins bien, il est quand même intéressant à lire puisqu'il concerne la visite d'Helene Banff à Londres.



Pierre 22/08/2010 23:41



La suite m'intéresse aussi, histoire d'être "complète". Et puis (on le saura), j'aime les (auto)biographies et tout ce qui s'en approche :)



L'Ogresse 04/08/2010 20:09



La Duchesse de Bloomsbury Street



L'Ogresse 04/08/2010 08:07



J'avais bien aime moi aussi. Tu as lu la suite ? C'est moins bien mais au moins ca donne une vraie fin a cette histoire.



Pierre 04/08/2010 09:53



Savais pas qu'il y avait une suite... C'est quoi ?