China 451

Publié le par Christophe Pierre

Le roman de Dai Sijie nous emmène dans un village de rééducation pour jeunes intellectuels, dans la Chine des années 1970. C'est dans le village voisin, proche lui aussi de Yong Jing, que le narrateur et son ami Luo font la rencontre de la Petite Tailleuse...

L'histoire est interpellante pour les lecteurs assidus que nous sommes : à cette époque, tous les livres sont interdits, sauf le petit livre rouge de Mao et ceux des autres auteurs communistes. Les possesseurs de livres - pour autant que ces bouquins aient échappés aux autodafés ! - encourent de lourdes peines.

DAI Sijie - Balzac et la Petite Tailleuse chinoiseNos trois protagonistes découvrent un véritable trésor dans une malle illicite et bien gardée  : des livres d'auteurs occidentaux !  Balzac y côtoie Dumas, Stendhal, Tolstoï, Jane Austen, Dickens, Kipling...

Les deux amis, conteurs de talent (ils étaient chargés par leur chef de raconter à tout le monde les films qu'ils allaient voir au cinéma pour le compte du village), deviennent des lecteurs clandestins, qui partagent bien vite leurs histoires avec la Petite Tailleuse qu'ils comptent ainsi civiliser : « Ce vieux Balzac [...] est un véritable sorcier qui a posé une main invisible sur la tête de cette fille ; elle était métamorphosée, rêveuse, a mis quelques instants avant de revenir à elle, les pieds sur terre. [...] Elle m'a dit que le contact des mots de Balzac sur sa peau lui apporterait bonheur et intelligence...»

L'écriture de Dai Sijie est extrêmement fluide, simple, et ce roman se lit rapidement. On a parfois du mal à se dire que l'histoire se déroule dans un passé si récent : certaines descriptions, le mode de vie des montagnards, et bien sûr les interdits et la rééducation paraissent tellement arriérés à un Occidental né à la fin du XXème siècle... Balzac et la Petite Tailleuse chinoise donne envie de se (re)plonger dans les classiques de notre littérature, en prenant conscience de la chance que nous avons de pouvoir simplement tendre la main vers notre bibliothèque pour satisfaire notre envie...

DAI Sijie, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, 2001.

Publié dans Littérature chinoise

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Matilda 09/03/2010 22:44


Je l'ai lu il y a quelques années et j'ai bien aimé. Ce livre raconte une période chinoise qu'on étudie pas en cours et qui est passionnante. La fin m'a fait irrésistiblement penser à Maupassant,
humour noir et compagnie.


Pierre 13/03/2010 11:38


Je viens d'emprunter un deuxième livre de Dai Sijie (Le complexe de Di), curieuse d'approfondir cet auteur à propos duquel je n'ai pas encore d'avis définitif...
Sinon, à propos de la Révolution culturelle en Chine, j'avais parcouru avec plaisir ce livre de photographies et de témoignage, pas mal fait du tout et plus agréable qu'un manuel.


Véro 08/03/2010 17:26


Il est vrai que ce n'est pas mon terrain de chasse préféré...


Véro 02/03/2010 19:14


Belle critique mais cela ne me tente pas trop sans aucune raison vraiment explicite .


Christophe Pierre 08/03/2010 11:43


Peut-être que tu n'aimes pas la période historique qui fait le roman (la Chine de Mao) ?


Elora 24/02/2010 12:12


A force d'en entendre parler de façon très positive, j'ai été assez déçue par cette lecture.


Christophe Pierre 24/02/2010 12:33


Ce n'était pas non plus ce que j'attendais, mais pas un mauvais livre non plus, selon moi :)


Mina 22/02/2010 15:45


Je l'avais lu pour le collège ou le lycée et j'en garde vraiment un agréable souvenir ! (^-^) c'est vrai qu'il donne envie de se replonger dans les classiques....même si je ne l'ai pas fait !
;)
http://les-lectures-de-mina.over-blog.com/article-34602512.html


Christophe Pierre 24/02/2010 12:34


Il n'est pas trop tard :D