Climats

Publié le par Christophe Pierre

André Maurois est un biographe, et cela se sent. Car Climats est le récit de vies entières, celles de Philippe et Odile, puis d'Isabelle et de Philippe, à travers l'analyse minutieuse de leurs sentiments. Si l'écriture raffinée et subtile de Maurois nous plonge indéniablement dans la bourgeoisie française du premier quart du vingtième siècle, la description de l'âme humaine et de ses tourments est éminemment actuelle.

Le roman est articulé en deux parties symétriques, dans une tragique inversion des rôles. Philippe raconte dans une longue lettre à Isabelle son amour fou pour Odile (première partie), qui a représenté pour lui la femme attendue depuis l'enfance, et qu'il a perdue à force de trop (de mal ?) l'aimer. Lorsqu'enfin, Philippe épouse Isabelle (deuxième partie), celui-ci adopte le comportement volage de sa chère disparue, dans une quête irrésistible et vaine de cette Reine imaginaire, tandis qu'Isabelle se bat contre la jalousie et la possessivité dont elle sait qu'elles ont été fatales au premier mariage de Philippe.

André MAUROIS, Climats, 1928.

Publié dans Classiques français

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