Du grec chez les Anglais

Publié le par Christophe Pierre

Shakespeare est sans doute l'auteur anglo-saxon le plus mystérieux à bien des égards. Certains pensent encore que Shakespeare ne fut nullement ce dramaturge talentueux renommé mais un acteur médiocre dont le nom servit d'emprunt aux véritables érudits qui créèrent l'œuvre que l'on connait aujourd'hui. Plusieurs noms furent cités dont celui de Francis Bacon, du Comte d'Essex, du comte de Rutland, de Marlowe ou de... la reine Elizabeth. Ces allégations paraissent à beaucoup être une fantaisie de savants. D'aucuns parlent de ces collaborations d'écrivains pour certains textes de Shakespeare, d'autres encore mettent en avant le peu d'informations dont disposent les chercheurs quant à la vie du dramaturge... Bref, une aura de mystère baigne autour de ce tragédien majestueux. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : quelles que furent son identité, la mesure de sa participation à la rédaction ou encore sa vie privée,  des pièces comme Macbeth, Hamlet ou Othello nous offrent des tragédies dans le plus pur sens du terme.


Le théâtre de Shakespeare nous donne une authentique vision de la Renaissance européenne, cette époque où furent redécouverts les auteurs grecs et latins, les fondateurs de notre culture. Nous retrouvons dans ces tragédies le même schéma présent dans la tragédie grecque. Ce schéma qui fait du personnage principal (le héros ?) un pantin au service du destin. Ce dernier est guidé par des personnages fantastiques, sorcières ou autres mages, et amené vers de terribles jalousies, d'affreuses ambitions ou de ténébreuses peurs et le poussent peu à peu vers l'accomplissement de sa vie. Accomplissement qui le mènera vers des éternels regrets, n'en rendant sa fin que plus horrible.


Ce ne sont certes pas des textes de divertissement, même si l'écriture ne lasse jamais, mais le style employé et le déroulement du récit constituent une base solide dans la découverte de ce qui, aujourd'hui encore, contribue à l'établissement de notre littérature.

 

William SHAKESPEARE, Hamlet, 1603, Othello, 1604, Macbeth, 1623. 

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