La voiture jaune

Publié le par Christophe Pierre

FITZGERALD - Gatsby le MagnifiqueMon expérience de la lecture m'a amenée à faire ce constat que certains livres ne peuvent s'apprécier qu'à retardement. Gatsby le Magnifique entre certainement dans cette catégorie. En m'attaquant à ce classique, j'avais pour seule ambition de découvrir la plume de F. Scott Fitzgerald, ambition née à la suite de ma lecture de Alabama Song. C'est aussi de cette première rencontre avec l'auteur que j'avais conçu l'a priori (vérifié) de mon antipathie pour le contexte général du roman : celui de l'après-guerre, et de la côte est des Etats-Unis de ces années-là.

Il émane un très grand mystère de cette oeuvre, qui entoure bien évidemment le personnage qui donne son nom au roman : qui est ce monsieur Gatsby, d'où vient-il, comment a-t-il bâti cette immense fortune ? Les bruits les plus invraisemblables courent à son sujet, et l'homme cultive une savante discrétion. Par l'intermédiaire du narrateur qui nous fait part de ses souvenirs, on découvre que derrière le généreux amphitryon se cache un homme épris, dont chaque acte tend vers la possession de la femme aimée depuis tant d'années.

A partir du moment où le voile tombe, le roman décolle un peu. N'allez pas croire que le début est dénué d'intérêt : il est une orgie de métaphores et autres images qui donnent à penser que Fitzgerald était au mieux de sa forme lorsqu'il a rédigé ces pages. Cependant, Gatsby n'est pas le seul à mener une idylle et les différentes histoires d'amour s'entremêlent jusqu'à un dénouement d'une ironie saisissante. Gatsby le Magnifique est aussi une vivante galerie de personnages, qui, s'ils sont extrêmement bien construits, ont un peu mal vieilli.

A la fin de cette lecture - fin qui invite à la réflexion -, je sens que le roman n'a pas encore livré tout son potentiel et qu'il me reste à découvrir de nombreux ressorts qui m'ont peut-être échappés à la première lecture.

« Il me sourit avec une sorte de complicité - qui allait au-delà de la complicité. L'un de ces sourires singuliers qu'on ne rencontre que cinq ou six fois dans une vie, et qui vous rassure à jamais. Qui, après avoir jaugé - ou feint peut-être de jauger - le genre humain dans son ensemble,  choisit de s'adresser à vous, poussé par un irrésistible préjugé favorable à votre égard. Qui vous comprend dans la mesure exacte où vous souhaitez qu'on vous comprenne, qui croit en vous comme vous aimeriez croire en vous-même, qui vous assure que l'impression que vous donnez est celle d'être au meilleur de vous-même. »

F. Scott FITZGERALD, Gatsby le Magnifique, 1925.

Publié dans Classiques américains

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Véro. 06/10/2010 10:29



Moi, c'est le film que j'avais adoré  ... ok, je sors !



Pierre 12/10/2010 18:50



J'ai pas vu le film :(



eve 01/10/2010 21:18



Il faut que je relise ce livre car je ne m'en souiens plus très bien; ce qui est sur, c'est que je l'ai adoré !



Pierre 12/10/2010 18:55



(désolée pour la réponse tardive, eve)
Pour tout te dire, il est probable que d'ici quelques mois je ne me souvienne plus guère de cette lecture non plus... mais je ne peux pas dire comme toi que je l'ai adorée ! :)