Le petit Robert

Publié le par Christophe Pierre

Philip ROTH - Le Sein

David Kepesh est professeur de littérature. Pour être exact, David Kepesh était professeur de littérature.

Depuis la stupéfiante transformation de cet organe turgescent qui faisait office d'appendice masculin, Kepesh ne sait plus sur quel pied danser. Et pour cause, il est devenu un sein...

Non dans des termes métaphoriques comme l'entendrait Kafka, ni même dans un élan névrotique comme le ferait Gogol mais dans le sens le plus cartésien qui soit : Kepesh est devenu une masse de tissu mammaire couronné d'un gigantesque téton dans la plus pure tradition poitrinaire du terme.

Naturellement beaucoup de problèmes d'un nouveau genre apparaissent : sa libido s'est accrue au vu des propriétés érogènes de ce fameux mamelon, ses capacités à rationnaliser lui semblent bel et bien compromises et les rapports qu'il entretient avec son entourage sont pour le moins ambigus.

Comment va-t-il réussir à affronter sa condition ? Ou peut-être a-t-il sombré dans la folie à force d'enseigner ces livres biscornus ?

Philip Roth pose un regard intéressant sur la condition masculine, sur ce qui fait l'identité de l'homme en matière d'être sexué et pourvu d'un corps spécifique.

Il donne au travers d'un symbolisme parfaitement loufoque l'image d'une société américaine jadis obsédée par la virilité et le machisme, par les héros mythiques qui hantaient l'Ouest lointain ou les gangsters des années folles qui n'hésitaient pas à laisser parler la poudre.

Autant de questions importantes qui ne sont pas pour autant traitées sur le mode d'une gravité ou d'un sérieux trop lourds à suivre mais sur le ton d'une bonne blague d'étudiant où le lecteur taperait sur l'épaule de son voisin en disant : "T'as vu, c'est un sein...".

Pour résumer, un roman assez court (en fait il mériterait peut-être la classification de nouvelle) très amusant à lire mais qui n'en est pas pour autant niais.

 

Philip ROTH, Le sein, 1984.

 

De Philip Roth, nous avons également lu et commenté Un homme, ici...

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Marc Lefrançois 21/04/2010 12:10



cela a l'air très intérresant!



Christophe Pierre 03/05/2010 23:44



Oui, juste le temps de se laisser prendre au jeu et il finit par en valoir la chandelle.



Véro. 20/04/2010 20:23



Comment dirais-je ... c'est plutôt du mandarin !



Christophe Pierre 23/04/2010 00:56



Hihihi



Véro 19/04/2010 20:08



C'est moi qui ne suis pas d'aplomb aujourd'hui ou ce roman me semble un rien déjanté ?



Christophe Pierre 20/04/2010 19:24



Dis tout de suite qu'on parle chinois, Véro !



domy 19/04/2010 17:52







Christophe Pierre 20/04/2010 19:26






(de Christophe)