Le temps d'une saison

Publié le par Christophe Pierre

Stephen KING - Différentes saisonsTodd Bowden est un étudiant studieux, un jeune homme bien de sa personne, un garçon loyal et fidèle en amitié.

Todd Bowden adore jouer au détective et Todd Bowden finit par dénicher le coup du siècle pour un adolescent de son âge. Une vieille photo jaunie dans un journal d'époque montre un officier nazi qui ressemble étrangement au vieux Dussander, un immigré allemand du voisinage.

Ainsi commence une aventure aussi bizarre que sordide. Todd se met à faire chanter le vieux : il gardera pour lui qu'il se nomme Denker et qu'il est l'ancien chef du camp d'extermination de Palin en échange de quoi l'épouvantable retraité lui racontera les détails les plus "croustillants" de son ancienne carrière.

Commence pour le jeune Todd une descente vertigineuse dans les gouffres du mal. Une fascination qui finit par le dévorer et le mettre à la merci du vieux Denker. Le chat devient souris et vice-versa.

 

Stephen King nous offre une effroyable description de l'appétit humain pour le sordide, le cynisme, la souffrance et le mal. Un goût qui le conduit parfois à des extrêmes et qui esquive toute tentative de raisonnement. Ainsi les fantasmes de Tod le conduisent-ils au meurtre et à la perversion, comme s'il ne pouvait échapper aux sécrétions funestes de son imaginaire.

 

L'auteur à ce talent de donner aux sentiments une couleur inattendue. La plus petite intention noble se transforme en une manipulation vicieuse comme si le démon attendait la moindre occasion pour s'acheter une âme : la serviabilité dans Bazaar, l'admiration dans Misery, la justice dans La ligne verte ou encore la liberté dans Sailor et Lula. Dans la nouvelle qui nous intéresse, l'amitié qui pourrait lier deux êtres humains devient rapidement une comédie macabre où chacun cherche à dominer l'autre pour servir leurs abominables penchants.

 

Tout au long de ces quatre magistrales nouvelles, Stephen King parvient à maîtriser un rythme lourd d'une lenteur inquiétante qui accompagne à merveille une atmosphère nauséeuse, sombre et quasi psychanalytique. Je ne parlerai pas ici du fantastique Stand By Me de Rob Reiner inspiré de la nouvelle Le Corps.

L'auteur démontre à nouveau qu'il est capable de concevoir des chefs-d'oeuvre lorsqu'il s'agit de mettre en scène l'insondable profondeur de l'homme et son intraitable inconscient.

 

Stephen KING, Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank, Un élève doué, Le Corps , La méthode respiratoire in Différentes saisons, 1982.

 

Ce  livre a  été lu dans le  cadre du Challen ge Stephen King, tout comme
- Carrie
- Christine
- La Tour sombre, tome 1 : Le Pistolero 

Challenge Stephen King


Publié dans Fantastique

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Véro. 29/08/2010 17:15



Pas lu celui-là .... mais ma période King semble passée, je n'ai pas trop envie de m'y replonger sauf peut-être à lire les deux meilleurs selon moi qui sont Shining et La ligne verte.



Christophe Pierre 31/08/2010 13:58



Il y a toujours des périodes au cours desquelles nous avons envie et d'autres pas... faut laisser faire. J'aime bien Stephen King mais je suis pas du genre à focaliser sur un auteur, sauf
peut-être Murakami mais c'est une autre histoire.



Antoni 24/08/2010 21:13



Salut Christophe, je ne m'attarde pas trop sur ton commentaire (certainement très intéressant) car il fait partie de mes prochaines lectures de SK. Je dois lire à la rentrée Simetierre et après,
il y a des chances que Différentes saisons soit le prochain sur mon tableau de chasse !!! Je repasserai par ici pour confronter nos avis.


A bientôt.


Bonne soirée.



Christophe Pierre 31/08/2010 13:58



J'attend avec impatience ton point de vue... merci de ta visite.