Mauvais augure

Publié le par Christophe Pierre

Pauline aime Sévère d'un amour partagé. Consciente de la position qu'elle et son père Félix occupent dans la société romaine, elle obéit à ce dernier en épousant Polyeucte.

 

Ainsi se soudent une puissante famille romaine et un seigneur arménien.

 

Les années passent et ressurgit Sévère. Dans un premier temps au beau milieu d'un rêve que fait Pauline, ensuite en triomphe dans l'Arménie de Polyeucte.

 

Pauline craint dès lors pour la vie de Polyeucte car le Romain éconduit ignore tout de l'union de Pauline et Polyeucte et sa réaction face à ce qu'il pourrait bien prendre pour une trahison reste imprévisible.

 

Mais un autre danger guette : Polyeucte s'est converti au christianisme et c'est là pour le peuple romain une trahison d'une tout autre envergure.

 

De nouveau Pauline aura à choisir entre devoir et sentiments.

 

Corneille prend le prétexte du martyre de Polyeucte pour offrir à Louis XIII une tragédie religieuse digne de ce nom. Surpris par le décès du Roi en 1643, il dédicace la pièce à la reine Ana von Habsburg elle-même pieuse et pratiquante et la fera représenter en l'honneur de la dame.

 

Corneille signe une des dernières tragédies religieuses écrites sur le territoire français. Racine sortira plus tard les derniers actes et cloturera définitivement la tradition.

 

Polyeucte est une oeuvre d'une grande intensité où se disputent devoir, sentiment, pouvoir et foi. Deux époques s'affrontent : Félix fidèle au polythéisme de ses ancêtres et Polyeucte séduit par le jeune monothéisme. 

 

Pauline fait office d'intersection entre son père et son époux et finalement ne désire pas véritablement prendre parti. Elle cherche simplement à remplir ses obligations du mieux possible en laissant entendre qu'elle s'est elle-même abandonnée pour suivre son devoir.

 

L'auteur suit à la lettre la tradition théâtrale en respectant l'unité dans le temps et dans l'espace même si il use par instants de ficelles pour y parvenir. Ainsi la présence ou le retour de certains personnages ne se justifie-t-elle que par les nécessités de la scène et n'apporte-t-elle aucun éclaircissement sur le récit.

 

Le suspense est maintenu lui aussi et ce malgré la divulgation assez rapide du noeud de l'intrigue : la conversion d'un seigneur d'Arménie. Car c'est bien là le thème majeur.

 

Corneille offre une pièce de très bonne facture, très bien construite et donnant au lecteur une thématique certes quelque peu vieillie mais néanmoins d'un intèrêt encore certain.

 

J'aime les Classiques

Ce billet a été rédigé dans le cadre du défi  J'aime les Classiques.

 

 

Pierre CORNEILLE, Polyeucte, 1643.

Publié dans Théâtre

Commenter cet article

Véro. 04/05/2010 07:27



 Smitteers  Mais qu'est-ce
donc ?



Christophe Pierre 04/05/2010 12:00



Disons plutôt Smithers... L'assistant de Mr. Burns, le propriétaire de la centrale nucléaire de Spingfield !


... Nous sommes chez les Simpson, bien sûr !



Véro 17/04/2010 18:59



J'aime le théâtre, enfin je préfère le voir jouer à le lire mais bon, ne connaissant pas cette pièce, je la rajoute à ma LAL !



Christophe Pierre 03/05/2010 23:45



Excellent... Smitteers ??



mrs pepys 16/04/2010 09:36



Une bonne tragédie de derrière les fagots, il n'y a rien de tel. Même si j'ai plutôt un faible pour Racine...



Christophe Pierre 16/04/2010 23:11



Boudiou ça oui... je dois dire qu'en matière de tragédie je n'ai pas de préférences. Côté théatre je suis plutôt Gireaudoux ou Ionesco mais je n'ai rien contre Racine, Corneille ou Shakespeare...
heureusement.