Nabokovisme

Publié le par Christophe Pierre

NABOKOV - La transparence des choses

Après mon léger traumatisme provoqué par la lecture dérangeante de Lolita, je m'étais fait la promesse de renouer avec Vladimir Nabokov, dont la plume m'avait tout de même subjuguée. Mon choix s'est porté, par pur hasard, sur le pénultième roman de l'auteur : La transparence des choses, écrit dans la langue de Shakespeare - Nabokov n'exerçant plus son incroyable talent qu'en anglais, depuis sa rencontre avec Lolita.

Mon billet risque d'être bien pauvre, car je dois vous avouer un peu tristement que je suis passée totalement à côté de ce court récit. Oserais-je vous confesser que j'ai surpris mon esprit à baguenauder tandis que Hugh Person arpentait une montagne suisse, ou faisait la connaissance d'Armande - ou était-ce de Julia Moore ? Par manque d'attention, je me suis égarée dans des méandres chronologiques, pourtant pas si compliqués. En un mot, je n'ai éprouvé aucun intérêt pour le fond du récit.

En revanche, j'ai retrouvé avec satisfaction le style inimitable de Nabokov, à tel point que La transparence des choses aurait pu être un chapitre de Lolita. Puisque j'en suis aux confidences, sachez encore que Nabokov est le seul auteur que je suis capable d'identifier grâce à son style incomparable, inégalable. Malheureusement, c'est un peu là que le bât blesse. Je ne m'attendais pas à trouver tant de similitudes entre ce roman et l'inoubliable récit de Humbert Humbert - 20 ans les séparent pourtant ! - et j'en ai éprouvé une petite déception. Comprenez qu'en me penchant à nouveau sur l'oeuvre du génie russe, j'avais pour but avoué de me défaire de l'impression nauséeuse laissée par le machiavélique H. H. Il n'en fut rien. Le narrateur de La transparence des choses aurait pu être ce même H. H. (similitude de langage), et le personnage de Person, même s'il n'est pas un monstre du même acabit que l'autre nympholepte, est surtout révélé par les aspects les plus sombres de sa personnalité.

En un mot, la voix de Nabokov, si elle reste une véritable symphonie linguistique, pleine d'une subtilité entrainante, délivre un message assez désespérant quant à la nature humaine.

Vladimir NABOKOV, La transparence des choses, 1974.

Publié dans Littérature russe

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Véro. 24/07/2010 00:09



Décidement, je ne suis pas tentée...



Pierre 26/07/2010 20:14



Je ne te jette pas la pierre, véro...



domy 22/07/2010 13:50



Quelquefois le style, aussi bon soit-il, ne suffit pas à dissiper le malaise...



Pierre 23/07/2010 23:26



Il contribue au malaise, même, parfois. Et pourtant, je n'arrive pas à me dire que je vais laisser tomber Nabokov. Je ne désespère pas de découvrir une oeuvre qui ne me fera pas cet effet. Je
vais chercher du côté de ses écrits antérieurs à Lolita...



L'Ogresse 21/07/2010 20:53



Je vais passer mon tour, je crois...



Pierre 22/07/2010 16:30



Ce n'est pas une lecture que je recommande, pour être tout à fait franche.