Notons bien...

Publié le par Christophe Pierre

Amélie NOTHOMB - Journal d'hirondelleJ'avais lu en son temps Hygiène de l'assassin. Je n'avais pas aimé du tout. Bloqué par le mauvais temps, je suis tombé sur Journal d'Hirondelle. Je me suis mis à la tâche afin de confondre mes premières impressions sur l'auteur.

Il me faut d'abord avouer que le style est très bon. Le vocabulaire est riche, les tournures élaborées avec justesse et les phrases ne sont ni trop longues ni trop courtes.

L'usage de l'indicatif présent permet de suivre le personnage principal et de s'immerger plus profondément dans le récit.

Pour ce qui est de l'histoire, je n'ai absolument pas accroché.

L'idée du tueur froid n'est aux premiers abords pas déplaisante mais la façon dont elle est gérée m'a parue "écoeurante".

Je lui ai trouvé trop de "trop" : le trait trop forcé, trop d'ironie dans le contenu (je suis plutôt de l'avis de Maria Rilke lorsqu'il donne à l'ironie le rôle de mauvaise conseillère pour l'écrivain), trop de cynisme, trop peu de profondeur pour les personnages.

J'ai eu la désagréable impression qu'Amélie Nothomb voulait aller loin dans le sordide sans pour autant s'en donner les moyens. Le récit demeure trop lisse, trop propre, il manque de prise et m'a laissé sur ma faim quant aux raisons profondes des êtres et de leur devenir.

Le décor est impersonnel et manque de consistance. Je ne critique pas car il s'agit sans doute du choix de l'auteur mais ce n'est décidément pas ma tasse de thé...

Au passage, cet ouvrage est qualifié de roman. J''y verrais plutôt une nouvelle.

Amélie NOTHOMB
, Journal d'Hirondelle, 2006.

Publié dans Littérature belge

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domy 24/12/2009 09:52


Ben tiens, je repasse par ici et je découvre vos commentaires.
J'ajoute ces quelques mots pour confirmer que l'on est tous différents.
"C'est arrivé près de chez vous" je n'aime pas du tout, je pourrais même dire que moi je cale dès que j'entends le titre! (Christophe, je me demande dans quelle mesure le fait que tu aies connu
Benoit n'influence pas ton jugement ??)
Quant à Amélie Nothomb, j'aime tout en bloc, ce qu'elle écrit (certains livres plus que d'autres, évidemment) et le personnage qu'elle veut bien montrer.
Ma préférence va à "Les combustibles" et à son...  Bic bleu.


Christophe Pierre 31/12/2009 15:32


Bin en fait non... j'ai vraiment bien aimé "C'est arrivé prés de chez vous" sauf la scéne mentionné. J'ai toujours apprécié l'humour noir... je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde mais
bon j'assume. (Et puis Benoît je l'ai juste croisé plusieurs fois... j'étais pas son super poteau... d'ailleurs il se souvient même pas d'avoir déjà vu ma tête quelque par chuis sûr...)
Sinon les combustibles je ne l'ai jamais lu, ça viendra peut-être. Et ma préférence va à mon bic bleu :D


Sentinelle 21/12/2009 22:47



Christophe, je reviens sur ton commentaire à propos du film C'est arrivé près de chez vous.
Comme toi, j’ai apprécié ce film déjanté jusqu’au moment de la scène du viol que j’ai trouvé absolument atroce mais je ne la trouve pas inutile pour autant.  J’ai eu
l’impression que les auteurs testaient nos limites genre « mais il faut aller jusqu’à quelle extrémité pour ne plus vous faire rire » et je dois dire que c’est cette scène qui a tout
fait basculer : plus moyen de rire ni de sourire après cela, calée que j’étais par cette scène. Puis je me suis posée des questions sur moi-même : est-ce normal de ‘caler’
seulement à ce moment là ? Pourquoi n’ai-je pas eu la décence de ‘caler’ avant ? Peut-on rire de tout ? Enfin je ne sais pas si je me fais bien comprendre mais cette scène, aussi
atroce soit-elle, n’était pas inutile selon moi…





Christophe Pierre 22/12/2009 00:41


Sentinelle, il me faut bien avouer que je n'avais pas étudié la question sous cette angle. En effet, je pourrais me poser la même question sur le fait de ne pas avoir calé avant (d'ailleurs la
scène dans la maison où le crâne du père est fracassé sur l'évier est atroce également... je me suis d'ailleurs fait la remarque qu'il valait mieux que le film ne soit pas en couleur, il n'aurait
probablement pas été "regardable"). Il faut toutefois relativiser les choses, je me demande si le fait de ne pas vouloir rire de tout ne reléve pas d'une forme de superstition car au final rire ne
signifie pas nier ou réduire l'importance d'un fait ou d'un événement. Je crois que nous pouvons nous interroger au même titre sur les gens qui se scandalisent devant leur poste de téléviseur ou
qui râlent el lisant leur journal mais pour qui tout disparaît une fois l'écran éteint ou le quotidien fermé.
Je pense que la valeur d'un homme se mesure davantage à ses actes qu'à ses réactions qui ne dépendent que d'une sensibilité propre à chacun.
Je crois aussi que le rire permet de placer tout le monde sur le même pied, nous avons tous des bases communes au rire et tous le même air stupide lorsque nous sommes pris d'un rire
incontrôlable...une belle source d'égalité somme toute.
J'ai donc envie de paraphraser le grand Desproges (je vois déjà ma compagne d'ici : "Oh non pas encore !") : On peut rire de tout mais pas avec tout le monde.


Sentinelle 21/12/2009 22:20



J’ai lu les premiers romans d’Amélie Nothomb, mais je me rappelle ne plus avoir eu envie de la lire du jour au lendemain, tellement j’en avais
plus qu’assez (écoeurée ? lassée ?) de ce petit air blasé et désabusé qu’elle mettait sans cesse en avant dans ses romans.  Je trouvais aussi qu’il y avait quelque
chose d’étriqué et d’étouffant dans ces récits, qui évoluaient sans cesse en vase clos enfin bref j’ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de son univers. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il
ne m’en reste plus grand-chose, preuve s’il en est que ses romans ne m’ont pas laissée un souvenir impérissable. Puis j’ai essayé dernièrement de retenter une lecture, et ce fut vraiment la
catastrophe : j’ai trouvé « Acide sulfurique » vraiment très mauvais. J’ai peut-être fait un mauvais choix mais cela ne m'a pas vraiment réconciliée avec l'auteur...





Christophe Pierre 22/12/2009 15:21


Ce qui compte c'est d'essayer et de se faire sa propre idée, n'est-il pas ? :D


Matilda 21/12/2009 21:33


Stupeur et tremblements est celui que j'aime le moins ... bizarrement je ne comprends pas qu'on fasse un tel grabuge autour de ce livre alors que d'autres tel Cosmétique de
l'ennemi ou Attentat sont plus "frappants".
Globalement j'aime plus ses romans fictions que ceux où elle raconte sa vie, bien que Biographie de la faim soit pas mal.
Pour ce qui est de la masturbation dans Journal d'Hirondelle, je ne me rappelle pas qu'elle écrive le mot en toute lettres une seule fois, mais enfin on comprend bien de quoi il s'agit. Cela ne m'a
pas plus interpellé que ça, mais cen'est pas non plus ce que je préfère dans ce livre.


Pierre 21/12/2009 21:55


C'est exactement ça, tu as trouvé le mot juste : Cosmétique de l'ennemi, Attentat ou encore Mercure sont beaucoup plus frappants. C'est sans doute à
cause de mon goût pour les (auto)biographies en général que je préfère Stupeur et
tremblement...
Christophe pour Matilda : c'est vrai elle ne l'écrit pas en toute lettre, mais ne faisons pas la fine bouche sur "onanisme" (sans jeu de mot malsain)


Véro. 21/12/2009 18:00


Eh bien merci pour ces infos Pierre. Je vais rajouter ces titres à ma LAL pour (re)découvrir Amélie Nothomb.


Christophe Pierre 22/12/2009 15:23


C'est avec plaisir Véro