Palla calda u farru freddu (*)

Publié le par Christophe Pierre

MERIMEE - ColombaMiss Lydia est une jeune fille qui aime le pittoresque. C’est pour cette raison que son père, le colonel sir Thomas Nervil, accepte un séjour en Corse à fin d’y chasser. Ils acceptent d’accueillir Orso della Rebbia pour la traversée. Orso est un jeune officier français originaire de Corse. Il rentre au pays après plusieurs années d’absence suite à la mort de son père.

Une fois débarqués sur l’île, Miss Lydia et son père vont découvrir un lieu sauvage où le gibier pullule encore, où les gens sont restés près de leur terre et accueillent la vie avec gravité. Mais un pays où restent des traditions sanglantes  : la vendetta en est une.

Et Colomba, la jeune sœur de Orso, tient à cette tradition. Elle a juré de venger son père dont la mort, lui semble-t-il, est en lien direct avec le clan du maire Barricini. Elle va tout faire pour amener son frère à accomplir son devoir de fils. Orso fera tout pour résister à cette obligation sous l’impulsion de Miss Lydia pour qui il éprouve de jeunes sentiments.

Mériméee offre aux amoureux de la littérature un aperçu de son talent. Son don réside dans l’art  de simplifier son écriture sans rien en retirer de fort et de suggestif.

Il décrit avec vigueur mais sans être d’une précision excessive.

Il bâtit des dialogues d’un grand réalisme sans toutefois surcharger les traits de ses personnages.

Il amène les caractéristiques permettant de se plonger dans l’univers corse sans préciosité, sans excès de culture propre à la vantardise.

Il use d’un savant crescendo dans l’intrigue et pousse le dénouement au paroxysme de l’action. Pour la fin, il s’offre le luxe d’un ultime rebondissement après avoir détendu l’atmosphère au point de laisser penser au lecteur qu’il se trouve au bout de l’action.

J’userais d’un adjectif qui qualifierait selon moi Mériméee parfaitement : suggestif.

Il ne néglige pas le lecteur, ne le sous-estime pas et le croit capable d’imagination. Il se contente d’apporter les bases de l’édifice et laisse le soin au « spectateur » d’achever de construire « l’image ».

 Je ne peux que conseiller ce livre aux amoureux de la littérature française du XIXème, de celle qui parle encore d’amour et d’aventure avec le sérieux nécessaire à toute œuvre destinée à la légèreté.

(*) Balle chaude ou fer froid.


Prosper MERIMEE
, Colomba, 1840.
Défi J'aime les Classiques

Lu dans le cadre du défi "J'aime les Classiques"

Publié dans Classiques français

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Marie L. 29/12/2009 11:34


Je l'ai lu il y a bien longtemps... Et j'en garde un beau souvenir: une tragédie en noir sous le soleil.
Très bonne mise en scène du livre!


Christophe Pierre 31/12/2009 15:21


Merci... Pour la photo c'est Caro qui a les meilleurs idées :D
Sinon pour Mérimée j'ai toujours apprécié ce genre de littérature... Elle donne toujours de très bonnes aventures écrites dans un style intéressant


Matilda 26/12/2009 11:42


J'avais commencé à lire Colomba un jour mais ... je n'ai pas poursuivi. Par contre j'ai La vénus d'Ille dans ma bibliothèque, à lire pour voir ^^


Christophe Pierre 31/12/2009 15:19


Pourquoi n'as-tu pas terminé Colomba ?
Par contre La Vénus d'Ille est à découvrir pour ma part...
A bientôt...