Philosophe de bonne foi

Publié le par Christophe Pierre

J-M DOMENACH, MounierJe me souviens avoir entendu  parler durant mes humanités d’un certain Emmanuel Mounier. Il avait pour principe de ne pas réduire l’homme à sa fonction, ce qui m’avait paru fort intelligent en soi.

Vingt ans plus tard, je me suis penché de nouveau sur cet homme de grande taille au regard indolent et à la chevelure ébouriffée en lisant la biographie rédigée par Domenach.

Biographie intéressante vu que Domenach était un des collaborateurs directs de Mounier dans la revue Esprit.

Cette revue constitue justement la pierre d’achoppement de Mounier et de son mouvement. Il décide en effet d’appuyer  le mouvement personnaliste qu’il crée avec plusieurs de ses amis sur une revue qui aura pour objectif d’instruire l’homme sur les grands courants de pensées.

Et l’époque s’y prête. Le début du XX ème siècle foisonne d’idées : le communisme, le socialisme, l’anarchisme, le capitalisme mais aussi d’événements tragiques : les guerres, les crises économiques, l’aliénation de l’homme au capitalisme. Bref, l’équipe d’Esprit a du pain sur la planche…

Mounier s’engouffre dans toutes les brèches, dans tous les combats. Il est de toutes les critiques avec pour mot d’ordre le respect de l’adversaire car il est persuadé que la solution ne réside pas dans l’anéantissement d’une idéologie mais en l’approfondissant afin de la dépasser.

Son véritable ennemi restera le capitalisme et l’avilissement qu’il provoque. Profondément chrétien, il n’aura de cesse d’allier socialisme et paroles des Evangiles. Jamais il ne trahira ces convictions, sans pour autant ployer sous la constance dogmatique de l’Eglise. D’ailleurs dans son entourage nous retrouverons des juifs, des athées ou des orthodoxes.

Jean-Marie Domenach brosse merveilleusement le portrait d’un philosophe hors normes, d’un penseur qui refuse de s’arrêter à la théorie et a pour seule ambition la recherche d’une vérité quotidienne et applicable à tous.

Nous y découvrons cette époque où l’humanité espérait en elle-même, rêvait d’un avenir meilleur et d’une société plus juste, honorait la pensée et la réflexion… Une époque dont nous avons hélas perdu le goût tant la société s’est noyée dans ce que Mounier considérait comme la pire des créatures : l’argent.

Jean-Marie DOMENACH, Emmanuel Mounier, 1972.

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Véro. 29/04/2010 19:54



Je ne suis pas fana de biographie alors je ferai l'impasse sur celui-ci. 



Christophe Pierre 03/05/2010 23:42



A chacun son truc... décidément tu dégraisses. Je désespère de te donner encore envie de lire.


Déçu, déçu, déçu comme dirait Achille Talon :D



Nefertiti 28/04/2010 09:25



Bonjour, bienvenue dans la communauté  Salon lecture, bonne journée à bientot



Christophe Pierre 03/05/2010 23:42



Merci à toi, bonne journée et à bientôt.