Stop. Rewind. Play.

Publié le par Christophe Pierre

Véronique OVALDE - Et mon coeur transparentConnaissez-vous la personne qui partage votre vie ? C'est la question qui ne manquera pas de vous venir à l'esprit à la lecture de Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé. La trame du roman paraît simple : à la mort de sa femme, Lancelot découvre peu à peu la double vie menée par Irina ; à la douleur de la perte vient alors s'ajouter le bouleversement du doute et de l'incompréhension.

Le récit n'a rien de linéaire, car s'il nous plonge dans le vif du sujet dès la première page avec l'annonce de la mort d'Irina, ce sont des allers et retours entre la mémoire de Lancelot et ses investigations présentes qui alimentent notre lecture. C'est ainsi que peu à peu, nous découvrons des pans de la vie de Lancelot (son premier mariage, sa rencontre avec Irina, leurs années de vie commune,...), ainsi que, surtout, l'étendue de sa méconnaissance de la femme qui pourtant était tout pour lui.

Véronique Ovaldé plonge Lancelot dans un brouillard réaliste et médicamenteux, saturé de tristesse et d'interrogations, et afflige son héros d'une jalousie inextinguible. Comme pour mieux représenter un univers qui s'écroule à la mort de la femme de sa vie, les objets disparaissent autour de Lancelot - comme lorsqu'il met fin à son union avec Elisabeth pour rejoindre Irina, première fissure dans son mode de vie léthargique. En outre, l'auteur française affuble ses personnages de noms aux sonorités germanophones ou alors improbables, tandis que l'action semble se dérouler dans un pays hispanique où Lancelot  connaît alternativement les températures les plus extrêmes.

Lorsque Lancelot entre en collision avec le passé de sa belle, c'est aussi l'occasion pour nous de découvrir le monde décalé et parfois dangereux des militants en tout genre (contre les marées noires, les OGM, la vivisection, etc.) dont Irina faisait partie - elle ne se contentait donc pas d'être végétarienne...

Le style fluide et atypique de Véronique Ovaldé rend son Et mon coeur transparent difficile à lâcher. Les pensées de Lancelot - et des autres personnages -, ainsi que les quelques dialogues, s'intègrent au corps du texte sans mise en forme particulière, donnant un rythme et un ton particuliers à cette écriture à laquelle on s'adapte dès les premières pages. La longueur des phrases ou celle des chapitres varient tout au long du roman, en sorte qu'on ne se lasse jamais de rien, et surtout pas du récit qui, tout de même, nous tient en haleine : qui était Irina, et pourquoi est-elle morte ?

Véronique OVALDÉ, Et mon coeur transparent, 2008.

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ECRIVAIN09 04/05/2010 18:45



bonjour j'odore cette auteur je veins de lire : Ce que je sais de Vera Candida.



Christophe Pierre 06/05/2010 23:29



Salut et bienvenue ici :)
J'ai très envie de lire Ce que je sais de Vera Candida, je n'en entends que du bien et la plume de Véronique Ovaldé me plait !



Stephie 20/03/2010 21:23


J'ai lu son dernier et celui-ci me tentait beaucoup. Encore plus avec la lecture de ton billet !!!


Pierre 22/03/2010 11:52


J'aimerais bien lire Ce que je sais de Vera Candida, mais il n'était pas disponible à la bibliothèque lors de ma dernière visite...


mrs pepys 17/03/2010 19:17


Et voilà, je passe devant une librairie cet après-midi, et suite à ce billet, je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer pour voir si ils l'avaient. Un livre de plus sur ma PAL, un.


Pierre 18/03/2010 21:15


J'espère vraiment qu'il te plaira... bonne lecture !


milka. 17/03/2010 13:41


Certainement un très bon livre mais je ne saurais le lire à cause des doutes qui ça feraient naitre en moi.
Par ailleurs, les articles sont tellement élogieux qu'on voudrait lire tous les livres qui
sont présentés sur ce blog.


Pierre 18/03/2010 21:17


On essaye de donner quelques petites idées de lecture... :D


Véro 17/03/2010 11:51


Il fait partie de mon challenge ABC et j'en suis bien contente après avoir lu ta critique !


Pierre 18/03/2010 21:14


Véronique Ovaldé mérite vraiment d'être lue, oui !