The Pledge

Publié le par Christophe Pierre

Tout commence par une conversation entre un policier et un écrivain. Le commissaire explique combien il est facile pour l'écrivain de maîtriser un crime car la réalité est créée de toute pièces, mais combien il est difficile pour l'enquêteur de dominer cette réalité capricieuse et pleine d'inattendu. Il raconte alors cette affaire qui se déroule dans une campagne près de Zürich. Le corps mutilé d'une petite fille vient d'être retrouvé par un colporteur. A voir ce dernier encadré par les forces de l'ordre, la paysannerie locale a vite fait de le désigner comme le coupable. Les policiers eux-mêmes finiront par voir en lui l'auteur de ce crime ignoble. Seul Matthieu, inspecteur zélé, conservera le doute. Pressé par son départ au poste d'officier de liaison en Jordanie, il se convaincra lui aussi d'avoir mis la main sur le coupable. Le suspect se suicide le jour où l'inspecteur doit s'en aller et celui-ci se souvient alors de  la promesse qu'il a faite aux parents de la victime : "Je trouverai l'assassin."

De nouveau le doute quant à la culpabilité du premier suspect refait surface. L'inspecteur Matthieu jouera tout ce qu'il possède dans la vie pour tenir son serment et découvrir le tueur d'enfants.

Un livre court et fluide la plupart du temps. Seuls quelques passages montrent un rythme moins soutenu, ce qui m'a un peu dérangé à cause du contraste qu'il existe entre la rapidité du récit et l'extrême lenteur de la réflexion par moment.

Les personnages sont assez "intérieurs", ce qui a pour effet de donner un côté très psychologique au récit, parfois intimiste même. Sans être d'une profondeur époustouflante, ils sont assez réalistes car l'auteur ne les caricature jamais. Loin d'être cantonné dans une fonction, chaque acteur navigue dans le doute et les divers aspects d'une seule et même vie.

Les dialogues sont utilisés parcimonieusement ; ils se fondent dans l'histoire et loin de freiner le cours du récit ils participent au rythme.

Le peu de description renforce encore la rythmique du texte. Malgré la quantité tout à fait raisonnable de descriptif, l'usage des cinq sens apporte une atmosphère vivante qui vient appuyer les personnalités et tempéraments.

Un livre que l'on peut lire comme un excellent polar mais qui propose également une lecture plus théorique sur les valeurs qu'un homme est disposé à suivre dans le courant de son existence.

Friedrich DÜRRENMATT, La promesse, 1995.

Publié dans Littérature suisse

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