Doux Blasphème

Publié le par Christophe Pierre

Elif SHAFAK - Soufi, mon amourSoufi, mon amour, c'est deux romans pour le prix d'un ! Ella Rubinstein, mère de famille, juive, américaine, presque 40 ans, est chargée de relire le manuscrit que Aziz Z. Zahara soumet à un éditeur de Boston. Il raconte l'étrange et fascinante rencontre de Rûmi et de Shams de Tarbiz, mais il est aussi une initiation au soufisme. Pour Ella Rubinstein, il sera bien plus que cela...

On a parfois l'impression que l'histoire d'Ella Rubinstein et le roman d'Aziz n'ont pas été écrit par le même auteur, alors qu'ils sont tous deux le fait d'Elif Shafak ! C'est que le quotidien de notre quadragénaire du Massachussetts est rédigé dans un style moderne, simple et un peu superficiel. Même ses interrogations sur sa vie de femme mariée depuis vingt ans paraissent futiles, tout comme son évocation de l'amour... Alors que Doux Blasphème - c'est-à-dire les pages consacrées à Shams de Tarbiz - sont emplies de spiritualité, de mysticisme : elles sont d'une authenticité plus profonde, sans toutefois être embarrassantes. L'alternance des deux récits reste pourtant la bienvenue : après quelques pages passées en compagnie d'Ella, on est pressé de retrouver le XIIIème siècle de Rûmi, et une fois plongé en Orient, abreuvé des Règles de Shams, en compagnie des multiples personnages qui prêtent leur voix à Doux Blasphème, la légèreté d'Ella finit par surgir au bon moment. En un mot, Elif Shafak trouve l'équilibre parfait.

A titre personnel, j'ai été beaucoup plus intéressée par Doux Blasphème que par l'histoire d'Ella, malheureuse dans son couple et tombant sous le charme d'Aziz à travers la lecture de son roman. Cet aspect-là de Soufi, mon amour - y compris le choc des cultures, transcendé par l'amour, de même que le parallèle entre le manuscrit et la vie réelle des protagonistes - m'a semblé sous-exploité par l'auteur, comme si Elif Shafak s'était donné trop peu de moyens pour arriver à la fin qu'elle avait imaginé pour sa fable.

Pour moi, la véritable réussite de Soufi, mon amour, est de susciter un véritable intérêt pour le soufisme, les derviches tourneurs, les personnages historiques de Shams de Tarbize et de Rûmi (célèbre poète persan), mais aussi de véhiculer l'image d'un certain islam ouvert et tolérant.

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique. Tous nos remerciements à Babelio et aux éditions Phébus !

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Elif SHAFAK, Soufi, mon amour, 2010.

Publié dans Littérature turque

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OmniTech Support Ripoff 19/12/2014 13:27

The book called the Sufi my love by the safak is really a very nice read. The various domains of the life are dealt within here. This is all based on the truth in the life and how its light carries us.

L'Ogresse 04/11/2010 09:24



Deja note cet auteur ailleurs. Ma decouverte se fera sans doute avec un autre titre, ce theme ne m'attire pas particulierement



Pierre 13/11/2010 18:15



Quant à moi, je poursuivrai à l'occasion ma découverte de l'auteur, même si je ne veux pas parler de coup de coeur... Je reste curieuse d'en lire plus sous la plume d'Elif Shafak.



Stephie 03/11/2010 12:07



J'ai trouvé l'histoire d'Ella d'une platitude à mourir. Heureusement que "Doux blasphème" remonte un peu le niveau...



Pierre 13/11/2010 18:13



J'ai pensé la même chose, et même la fin de l'histoire d'Ella et Aziz n'a pas réussi à m'émouvoir...



Véro 27/10/2010 20:45



Ah... le soufisme et les derviches tourneurs. Je ne l'ai ai vu qu'une fois quand j'habitais au Caire mais j'en garde un souvenir impérissable !



Pierre 13/11/2010 18:14



Waouw ! Tu lirais ce roman avec un tout autre regard que le mien alors !!