Le dernier homme

Publié le par Christophe Pierre

Richard MATHESON - Je suis une légendeJ'aurais presque envie de vous conseiller de sauter les 100 premières pages si la médiocrité du style n'était pas rendue tolérable par l'ambiance indispensable que Matheson réussit à installer. On ressent le cauchermar, cent fois imaginé, vécu par Robert Neville : il est le dernier représentant de la race humaine. Les éléments d'horreur s'accumulent et viennent alourdir l'atmosphère : non content d'avoir perdu sa famille dans l'épidémie qui a emporté l'humanité, Robert est assailli chaque nuit par des vampires en décomposition. En outre, il passe ses journées à planter des pieux dans le coeur de ses anciens voisins, tout en refoulant ses fantasmes à propos des femmes qu'il s'apprête à assassiner pour les besoins de sa survie.

Richard Matheson choisit de nous faire partager les pensées de cet homme livré à lui-même mois après mois, alors que tout espoir est perdu et que sa survie, chèrement acquise et chaque jour remise en question, semble ne se justifier que par l'instinct (ou l'esprit de contradiction). Des pics d'intérêt surviennent lorsque Robert, abandonnant momentanément sa bouteille de whisky, tente de comprendre le pourquoi de cette épidémie et de trouver une explication scientifique au phénomène du vampirisme et à celui des morts-vivants.

Là où ce roman de science-fiction situé en 1976 (un futur lointain pour Matheson !) prend son envol, c'est au moment où la solitude de Robert est enfin rompue : avec quel réalisme l'auteur décrit-il le bouleversement ressenti par le dernier homme ! Et surtout, voici que des questions essentielles sont soulevées... Mais c'est la fin de ce court roman qui révèle le beau talent de Matheson, dans un retournement de perspective qui donne à réfléchir !

Richard MATHESON, Je suis une légende, 1954.

Publié dans Science-fiction

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Cinq Jours de Douglas Kennedy Belfond 21/10/2013 09:20


C'est grâce à ce blog que j'ai pu découvrir ce livre. Merci à vous!

Lou 27/02/2011 15:56



Au fait je n'ai pas encore eu besoin d'envahir les placards de cuisine (et je me demande ce qu'en penserait mon cher et tendre - enfin si je sais très bien ce qu'il en penserait) mais je prends
bonne note de l'astuce si d'aventure je ne pouvais plus atteindre les recoins des pièces où se trouvent mes bibliothèques, faute de place.



Christophe Pierre 27/02/2011 19:11



Nos étagères débordent, nos bibliothèques sont pleines à craquer, nos livres s'accumulent en piles dans toutes les pièces, alors tu vois, on fait ce qu'on peut... :D Et puis ça fait des surprises
de trouver un roman ou l'autre entre deux bocaux, c'est nettement plus sympa que le thon... ^^



Lou 27/02/2011 15:54



Ah je ne suis pas folle, moi aussi je garde le souvenir d'un style poussif (je l'ai également lu en français dans une édition destroy trouvée chez un bouquiniste). Je l'ai abandonné en le lisant
la première fois, la deuxième fois j'ai été davantage intriguée par cette atmosphère angoissante, lourde, mais je n'ai pas non plus eu de révélation en le lisant. Je le lirai peut-être une 3e
fois, qui sait ?



Christophe Pierre 27/02/2011 19:10



Salut Lou... Quand ça veut pas, ça veut pas ! Je pense que ta culture littéraire ne serait pas chamboulée si tu te passais de cette troisième tentative... Même si la deuxième moitié du livre me
paraît meilleure, elle ne vaut quand même pas que tu te forces :D


C'est sympa de nous rendre une petite visite ici, mais que dirais-tu de découvrir nos nouveaux locaux, fraîchement repeints et tout et tout ? Ca se passe par ici --> http://jirotoh.com/livraison ! (on a gardé tous les anciens articles, et puis y a un paquet
de nouveaux !)



Mr K 14/11/2010 10:46



Excellent bouquin que celui ci! Par contre, j'ai pas du tout aimé le film.



domy 14/11/2010 10:35



Bah, tant qu'il reste de la bolognèse....



Christophe Pierre 27/02/2011 19:11



De la blogonèse...